Borte

Inscrit le : 30 Juin 2008 Messages : 54
| Sujet: Histoire sans paroles...histoire sans mots suite 2 Mar 08 Juil 2008, 10:27 | |
| Dehors la terre raconte ces détours que les pas prennent à l'alentour de soleils inutiles. Soleils de douce chaleur. Les voix chantent les anciennes rondes des enfants. Là où le vent doucement distille des mélodies d'autrefois.
Les draps sentent la fleur d'oranger, tout juste repassés. Ils ont séché à l'air, dehors, au soleil. Elle s'enroule dans le drap frais, encore suspendu, elle tourne, tourne, à ne plus savoir. Tourbillon de douceur qui l'entraîne auprès d'elle. Etre près de soi. Le drap autour d'elle.
Elle écoute les chants d'autrefois. Les musiques d'autres langues aussi. Elle murmure. Les paroles tout juste esquissées par sa bouche.
Paroles muettes. Les lèvres disent. Lire sur ses lèvres. Elle écoute la boîte à musique. Le piano. Des notes coulées doucement sur le clavier. Ses pas sont en déroute.
Le poser là ou bien là. Où poser son pied désormais ? Esquisser encore quelques pas de danse. Rondes d'enfant.
Qu'est-ce qui a du sens ? La vie et son néant. Le rien et le plein.
Les arbres volent. Elle voyage à la cime d'un arbre. Tapis de mousse volante. Le rien. Le tout. Se coucher à même l'herbe. Une flûte indienne. Serpenter. Coussins de lumière.
Un petit pont japonais sur l'eau. Quelques rocailles. Contempler. Arrêter la course du rien. Regarder le néant. Jardin japonais.
Voix d'elle. Vol à tire d'ailes. Ils sont partis. Pays de paroles. Là-bas elle regarde encore quelques tableaux. Se cache les yeux d'un bandeau. Tourne. Voyagera-t-elle ? Ailleurs ? Et si…en ôtant son bandeau, elle se retrouvait dans un autre espace.
Le temps. Notion toute relative. Le temps se dilate. Elle s'étire et baîlle. Le temps s'étire. Les instants s'écrivent moins intenses. Plus doux.
Rien ne s'écrit plus. Les rêves dorment au creux d'illusions perdues. Eprise de paroles. Et vogue le néant. Le rien.
Accrochée à un rocher millénaire. Arcboutée. Attendant la prochaine déferlante. Prise en proie à la solitude de ses syllabes attelées à la tâche de former des paroles qui n'auraient plus de sens.
De trop. En trop. Le sourire aux lèvres pourtant. Accrochée à son rocher. Ficelée. La marée montante. Elle sent l'écume lui chatouiller les orteils.
Eau salée. Qui monte lentement. Le long de ses jambes. Flux et reflux.
Le soleil darde sa peau de ses rayons. Elle oublie. Le rien. Le néant. Oublier. Ne pas penser. Ne plus savoir. Rien. Rien écrire. Rien dire. Muette. Regarder. Le vide. Le néant. Le rien.
Partir dans un autre espace-temps. Voyager. En douceur. Au profond de l'âme. Là où on ne sait plus rien. Rien.
L'eau monte. Remonte. Déjà le bassin. L'eau l'envahit. Elle gémit doucement sous la piqûre du liquide salé. Ses yeux se voilent. Elle oublie. Elle ne rêve pas. Sans illusions. Juste regarder. Ecouter les mouettes qui la survolent.
Regarder au loin. Ou regarder nulle part. Etre nulle part. Ou ailleurs. Paysages d'Islande. Etendues de neige. Jungle humide et luxuriante. Montagne de glaciers. Rien et tout. Elle écoute. Seule. Le chant de la nature.
Tout est vain. Que signifie ce que l'on vit ? Quel sens ? Le vivre a un sens. Vivre le plein. Ecarter le vide. Loin l'ennui.
Le rêve n'est plus. Dormir. Submergée par les vagues. L'eau a déjà enveloppé ses seins.
L'eau à la bouche. Elle a l'eau à la bouche. Envies de vie. L'eau à la bouche. Bouche à bouche. Elle en a l'eau à la bouche. De lui. D'autres. De la vie.
Oubli. Oublier. Et puis le rien. Le néant.
L'eau l'a embrassée. Elle s'était embrasée. Elle regarde cette surface liquide. Murmure et l'avale. L'eau descend. Poumons. Respirer. L'eau l'avale. Pas un cri. Pas un murmure. Les yeux grands ouverts. Sur la vie. Encore. Qu'elle boit sans demi-mesure. Boire la vie. S'y plonger. Comme un élixir sublime.
L'eau l'a avalée. Sourire aux lèvres.
Histoire sans paroles. Histoire sans mots.
Vide. Néant. Rien.
L'eau coule en un flot infini. Toujours. Encore. Flot de la vie. Vie. Mort. Vie. Rien. Plein. Néant. Vide. Remplir. Regarder. Douceur. Oublier. Ne pas rêver. Rêver juste ce qu'il faut. Doucement.
Joli brouillon de la vie…
écrit le 17 ou le 18/06/2008 |
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