Un aspirateur en ménageUn texte de Silence
Il était une fois un aspirateur
Qui vivait un grand bonheur.
Sa maîtresse, qui l’aimait de temps en temps,
Lui promit ce jour un mets délicat et charmant
Car il était un tantinet carnivore,
De la famille des j’en veux encore.
Lorsqu’elle poussa son cri de ralliement
Toute la famille accourut évidemment.
Monsieur Pelle et Madame Balais
Qui vivaient au palais,
Un pauvre seau qui passait par là
En renversa son eau de joie.
Donc à l’appel
De la châtelaine rebelle
Ils levèrent le camp
Pour nettoyer la cave avec empressement.
Or en ce temps-là la dame de mes tourments
Y demeurait en attente du printemps.
Une princesse délicate,
Rien à voir avec un mille pattes.
Toujours vêtue de soie,
Cocon de mes émois,
La pauvre princesse filait son chagrin
Du soir au matin.
Veuve, elle portait encore le noir
Mais moi je ne perdais pas espoir.
Elle m’avait avoué que les hommes elle aimait bien
Surtout quand elle avait faim
(Je n’avais pas compris la fin)
Mais par malheur
L’aspirateur de son cri vengeur
Avala d’une bouchée, horreur !
L’araignée de mon cœur.
A genoux en pleur
Je suppliais la châtelaine
D’épargner ma reine,
Mais elle, avec hauteur,
Sans aucune pudeur :
" Nous voilà libérés de cette poilue
Elle ne vous dérangera plus ".
Depuis sous les étoiles,
De noires pensées, je tisse la toile.
Aspirateur je te maudis !
Mais l’électricien l’a dit
Tôt ou tard le moteur
Qui te sert de cœur
Grillera
Et moi je serai là
Pour savourer ce plat
Na
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