Mon copain Maxime
Un conte de Nurtapa
- Il est encore plus grand mort que vivant ! Avait dit Monsieur le Curé.
Tu parles ! On aurait pu lui faire un cercueil avec les chutes de bois d'une
niche pour toutou anorexique ou un costard trois pièces avec une serviette
de bain ! C'était mon copain ou plutôt, ce qu'il en restait.
Je l'avais connu dans une boîte échangiste, « le Mondain », un endroit peu
fréquentable où j'allais tous les samedis avec Bertrande, ma moitié depuis
vingt ans. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ces hauts lieux de la thérapie
de groupe, en voici un bref descriptif :
Tu viens avec ta femme et on te l'échange contre une autre, un peu comme
dans ces pubs où tu peux tester une nouvelle lessive en troquant ton baril.
Alors, l'avantage c'est que tu peux tout essayer ; les grandes, les grosses,
les brunes, les vieilles, les jeunes. Certains disent même que ces pratiques
favorisent le rapprochement des classes et aident à combler le fossé entre
générations.
Bref ! Ce jour là, j'avais opté pour une haltérophile bulgare, n'ayant pas
encore goûté aux bienfaits de l'étreinte olympique. Je m'isolai donc avec ma
nouvelle conquête et commençai à dégrafer sa salopette.
Je ne pus m'empêcher, à ce moment précis, d'avoir une pensée
attendrie pour Coluche qui n'aurait certainement pas dédaigné l'atmosphère
fraternelle des lieux.
La bougresse frétillait comme une baleine émoustillée et tendit le buste
vers moi. Le tissu commençant à craquer, je me hâtai de libérer les mamelles
de leur gangue. Je n'avais jamais vu ça !
Si les seins s'étaient vendus au kilo, elle aurait pu, sans aucun doute,
vivre de ses rentes pendant une dizaine d'années, le temps que ça repousse !
J'allai ainsi de surprise en surprise, découvrant la sensualité du cuisseau
aux hormones et des aisselles à la mode « oursins hypertrophiés ».
Au bout d'une heure, j'avais enfin planté mon drapeau au sommet de la
montagne et laissai ma proie exténuée sur un divan (prétentieux, va !).
Je décidai de prendre un peu l'air et croyez-moi, ce n'était pas du luxe
J'avais encore dans les narines un parfum de munster mêle de vieille sueur.
- La prochaine fois, je ferai gaffe !
Pensai-je en passant la porte du club.
Mais c'est toujours pareil ! On cherche le dépaysement et on se retrouve
coincé dans l'aérogare ou pris en otage par une bande d'indigènes
hystériques. A l'avenir, pour ce qui est du bulgare, je me contenterai des
yaourts.
A suivre...
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