La Tanière des Poètes


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Vertes Année, un poème de Nurtapa
Ven 06 Nov 2009, 16:53 par Sahel



Vertes Années.
Un poème de Nurtapa


Mon neveu qui a quinze ans ne connaissait pas l’amour.
Il occupait tout son temps à creuser dans les labours
Depuis qu’il avait trouvé, en plantant des potirons,
Un bouquin intitulé « plus ça glisse, plus c’est bon ».

Moi, devant ce désarroi, je le pris par les bretelles
Pour lui enseigner les joies du lycra et des dentelles
Et sortis pour l’occasion de la malle aux souvenirs
Mon flotteur aux gros tétons, la « Poupée nommée Désir ».

Il faut dire qu’à l’époqu’, si t’étais célibataire,
Pour ne pas les mettre en cloque, il fallait te satisfaire
D’un ersatz en caoutchouc qu’on trouvait pour presque rien
Au Grand Marché de Saint-Cloud, chez Malik le Sarasin.

Mais ce temps était passé, s’il en fallut une preuve,
La poupée était crevée comme un coeur de vieille veuve.
Alors donc je décidai de mener le jouvenceau
Dans un bouge de Calais qui faisait dans le puceau.

Le petit se débrouilla comme un bonobo en rut
Et je compris ce jour là le calvaire d’une pute.
Après qu’il eut terrassé quinze grues hautes sur pattes,
J’emmenai mon protégé à l’Auberge des Carpates.

Ainsi donc les jours suivants, le jeune homme enorgueilli,
Fort de ce nouveau talent assouvit son appétit
Tant et si bien qu’il troussa, ça c’est dur à avaler,
La sublime Réséda, mon unique fiancée.

A présent, ils sont heureux, lui, lustrant son arsenal,
Elle brodant des ciels bleus sur des boxers en tergal.
Quant à moi j’ai regonflé ma maîtresse pneumatique
Et je passe mes soirées à ses cuisses élastiques.


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Un aspirateur en ménage
Dim 04 Oct 2009, 16:58 par Les Guetteurs




Un aspirateur en ménage
Un texte de Silence

Il était une fois un aspirateur
Qui vivait un grand bonheur.
Sa maîtresse, qui l’aimait de temps en temps,
Lui promit ce jour un mets délicat et charmant
Car il était un tantinet carnivore,
De la famille des j’en veux encore.
Lorsqu’elle poussa son cri de ralliement
Toute la famille accourut évidemment.
Monsieur Pelle et Madame Balais
Qui vivaient au palais,
Un pauvre seau qui passait par là
En renversa son eau de joie.
Donc à l’appel
De la châtelaine rebelle
Ils levèrent le camp
Pour nettoyer la cave avec empressement.
Or en ce temps-là la dame de mes tourments
Y demeurait en attente du printemps.
Une princesse délicate,
Rien à voir avec un mille pattes.
Toujours vêtue de soie,
Cocon de mes émois,
La pauvre princesse filait son chagrin
Du soir au matin.
Veuve, elle portait encore le noir
Mais moi je ne perdais pas espoir.
Elle m’avait avoué que les hommes elle aimait bien
Surtout quand elle avait faim
(Je n’avais pas compris la fin)
Mais par malheur
L’aspirateur de son cri vengeur
Avala d’une bouchée, horreur !
L’araignée de mon cœur.
A genoux en pleur
Je suppliais la châtelaine
D’épargner ma reine,
Mais elle, avec hauteur,
Sans aucune pudeur :
" Nous voilà libérés de cette poilue
Elle ne vous dérangera plus ".
Depuis sous les étoiles,
De noires pensées, je tisse la toile.
Aspirateur je te maudis !
Mais l’électricien l’a dit
Tôt ou tard le moteur
Qui te sert de cœur
Grillera
Et moi je serai là
Pour savourer ce plat
Na


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Espathant !
Mer 23 Sep 2009, 22:04 par Les Guetteurs



Espathant !
Un poème de Marcek

Cette spathe m'épate !
Et comment rester placide
devant ce spacide
à l'allure virile ?

Hum,
ne nous égarons pas...
Admirons plutôt la virginité
de la spathe d'un blanc pur
dont le cornet rappelle
la cornette
des bonnes soeurs de notre enfance !

Et si par chance
la cétoine dorée vient se poser
comme un bijou sur la peau neigeuse
de l'arum
le jardin devient soudain la vitrine d'un orfèvre !



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