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| | Comme j'ai hâte que cette journée passe vite... - par Sahel | Ven 4 Juil 2008 - 12:21 par Les Guetteurs |
Comme j'ai hâte que cette journée passe vite...
Un texte de Sahel
..............................Le trajet.
..............................Les maisons filent, le temps passe, les arbres se transforment en nuages verdoyants...
..............................Mes mains immobiles s'ennuient maintenant.
..............................J'ose à peine regarder cette vieille dame souriante.
..............................Mon arrêt.
..............................Je me lève mais la p'tite vieille m'interrompt :
..............................« Vous aviez quelque chose à me demander n'est-ce pas ? »
..............................Je me rassieds...
..............................Silence...
..............................
..............................« Vous n'y arrivez pas ? me dit-elle.
..............................– Non.
..............................– Que vous faudrait-il ?
..............................– Du temps.
..............................– Et encore ?
..............................– Elle.
..............................– Alors, allez-y me répond-elle gentiment.
..............................– Je ne peux pas...
..............................– Vous avez le temps. Un sourire discret s'esquisse sur son visage.
..............................– Oui mais je suis loin de chez elle, et je ne suis plus chez moi...
..............................Je regarde par la vitre givré du matin.
..............................Je tourne la tête, le bus est toujours vide.
..............................Le chauffeur me regarde bizarrement.
..............................Point.
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| Et je rêve d'un soir... - par Borte | Mar 1 Juil 2008 - 16:43 par Les Guetteurs |
Et je rêve d'un soir...
Un poème de Borte
Et la baignoire
Et je rêve d'un soir
Où tout sauf nous serait noir
D'un baiser dans la nuit noire
Yeux bandés
Tu me mènerais
Là où je ne sais
Seule aller
Limites sensorielles
Abîme substantiel
Aller à cet infini
Sans peur de cet inconnu
Que je sens et je frémis
A l'idée de nos âmes à nues
Nos corps simple reflet
De nos plus intimes secrets
Nos silences
Nos absences
Nos vies en substance
Nos éclats, nos stances
Me coucher auprès de toi
Comme une soeur auprès de son frère
Et faire de nous des rois,
Des reines loin du paraître
Etre nous, à nous
Sans concessions
Oser le plus profond
Quitte à plonger dans l'abîme sans fond
De la tendre passion
*
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| Les photos de Juillet - par Les Lynx | Dim 22 Juin 2008 - 15:09 par Les Guetteurs |
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| Et il y avait une échelle - par Rendzine | Jeu 19 Juin 2008 - 12:41 par Les Guetteurs |
Et il y avait une échelle
Un poème de Rendzine
Il a vu le château mais était-ce en un rêve
Les ors étaient-ils neufs ou les tourelles grises
Bord de route en hiver la pluie tombe sans trêve
Sur l’enfant sage et doux que la tristesse brise
Le jour faiblit déjà il le sait il le voit
Mais il croit en l’honneur de la parole amie
Quand l’orage incessant efface chaque pas
Que sait-on de la vie à sept ans et demi
Aujourd’hui c’est jeudi l’école est oubliée
Plus d’encre ni de craie adieu le tablier
Et tant pis s’il fait froid il veut l’attendre encore
On viendra le chercher ils s’étaient mis d’accord
On viendra le chercher il a confiance en lui
Et tant pis s’il fait froid et tant pis pour la pluie.
*
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| Le refuge - par Kodama | Ven 13 Juin 2008 - 13:38 par Les Guetteurs |
Le refuge
Un poème de Kodama
Il y a la vie qui est là
qui va comme ci qui vient comme ça
je t'aime je t'aime peut-être
je ne t'aime pas je ne sais pas
le bruit du temps efface
l'amour trouvé à peine
l'amour perdu déjà
regards du cœur
sur le passé
Et toi, âme versatile
où est ton refuge ?
tu oscilles tu te brises
dans l'histoire fanée
de la mélancolie
tu fouilles de tes larmes
un désespoir qui te dépasse
où est ton refuge ?
Creuser creuser si profond
- les armes sont dérisoires
des loques insignifiantes -
un trou pour passer derrière le miroir
un trou pour se cacher
pour se bercer
d'illusions
et se tuer
Il y a le temps qui est là
qui va comme ci qui vient comme ça
il assassine les maux un jour
ne laisse que nostalgie
au coin du cœur
l'histoire est terminée
je n’ai pas pu mourir d'amour
*
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| Poètes léguez-nous - par Anita | Sam 7 Juin 2008 - 13:31 par Les Guetteurs |
"Rien ne s'oppose à la nuit", une photo de Silence
Poètes léguez-nous
Un poème d'Anita
Poètes léguez-nous vos vers en souvenirs,
Passez-nous vos tourments, vos tonnerres de rires,
La vive compassion pour les âmes qui souffrent
Du pont de l’arc-en-ciel aux abysses des gouffres.
Vos lignes sont chemins qui nous chantent la rime,
Nous allons parallèles aux sommets de vos cimes
Là où vous érigez vos drapeaux de révoltes
Ensemencez l’amour, offrez-nous vos récoltes.
Mettez à nos mémoires une rose effeuillée,
La saison qui se meurt aux vieux ajoncs rouillés.
Promettez le printemps au cœur de la tourmente,
Aux guerres fratricides des lendemains qui chantent.
Comme le vent du sable est imprégné de sel,
Témoins de notre temps vos vers sont immortels,
Ils soufflent témoignage aux images perdues
Car le verbe est vivant lorsque le temps n’est plus.
*
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| Ta main - par Maria | Mer 28 Mai 2008 - 11:26 par Les Guetteurs |
Ta main
Un poème de Maria
Oh mon amour si tu savais mon ventre !
Si tu savais
comme il chante…
toutes les voix de toute la création insondable
qui célèbrent à l’unisson les sept notes ancestrales
Une mélodie étourdissante de pure poésie
Oh mon amour si tu savais mon ventre !
Si tu savais
les marées clandestines…
à l’appel inconcevable d’une lune trop pleine
mouvance perpétuelle dans le cycle sacré
Eurythmie archaïque et universelle de la vie
Si tu savais…
qu’il vit comme on expire
d’un souffle profond à s’évanouir
s’acquittant de dettes saugrenues
Oh mon amour si tu savais mon ventre !
Si tu savais
l’abondance qui l’exalte…
une vie animale, secrète et furtive
au gré d’humeurs labiles et capricieuses
Enracinant le primitif de son rôle immuable
Oh mon amour si tu savais mon ventre !
Si tu savais
comme il rougit quand il t’appelle…
et la fièvre qui en cadence le chavire
lorsqu’il t'accueille enfin en ton foyer
Te retient dans l'harmonie amoureuse de sa flamme
Si tu savais…
qu’il danse comme on s’épuise
dans son cœur immense où se consume
l’alliance suprême des corps et des âmes
Oh mon amour si tu savais mon ventre !
Si tu savais
quand il pleure en silence…
la violence d’une indicible souffrance
Cher doux berceau, tombeau inadmissible
amputé pour l’éternité de celui qui jamais ne fut
Oh mon amour si tu savais mon ventre !
Si tu savais
comme il exulte sa joie féconde…
au souvenir de la forteresse d’amour
fière d’ avoir nourri en son sein prodigue
l’être de lumière qui chaque jour me grandit
Si tu savais…
comme il repose ses douleurs, ses fièvres
quand tu poses ta main, juste là
Ta main… qui apaise les orages
*
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| Portée par le vent - par Lucaerne | Mer 21 Mai 2008 - 12:46 par Les Guetteurs |
Portée par le vent
Un poème de Lucaerne
De plomb, je suis devenue plume
Oh pas d'un simple claquement de doigt
Il y aura fallu du temps et de la douleur
Aller jeter un oeil de l'autre côté
Et décider de revenir vers vous, vers moi
Plume, je me suis laissée porter par le vent
Jusqu'au fond de la vallée
Là où l'air est plus vif
Les sommets bien plus hauts
Ronde vallée nichée au coeur
Des plus hauts sommets d'Europe
Là, c'est chez moi, je l'ai décidé
On s'y sent tout petit, insignifiant
Alors la vie prend son sens
Naître, vivre, survivre, revivre
Mourir un jour de sa belle mort
Vieille pomme fripée par les sourires
Bien sûr, il reste quelques grains de métal
Accrochés obstinément aux barbules
Je les regarderai droit dans les yeux
Un par un, l'un après l'autre
Jusqu'à ce qu'ils renoncent à vivre à mes crochets
Je ne les jetterai pas, je les déposerai
Dans une vieille boîte cachée au fond d'un tiroir
Je leur rendrai parfois une petite visite
Les leçons de la vie sont si précieuses
Puis, enfin, j'inviterai mes amis au pot de l'amitié
Nous boirons, referons le monde, nous saoulerons peut-être
De vins, de mots, de coups de gueule, de rêves
J'en ai déjà la tête qui tourne...
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| Le lac - par Fë | Sam 17 Mai 2008 - 17:26 par Les Guetteurs |
Photo de Silence
Le lac
Un poème de Fë
C'est lisse
Et rien ne s'y passe
Surface
Sifflante d'ombre
Sous une brume en strates,
C'est lisse.
Il y a un monde là, dessous.
Des murènes épaisses comme des manques
Des algues qui lèchent les ondes
Et qui ne laissent pas sécher les plaies de l'eau.
C'est lisse
Ça saigne une rivière
Et ça caresse une île
A peine assez large pour une barque échouée...
Un bout de terre humide, juste avant la fin,
Où même les herbes rouillent.
Un saule pleure ses branches sur le miroir sans tain
Il y a un monde là, dessous.
Un faucon, que l'eau rend un peu pâle
Fusillé en plein cri
Pas une grêle ancienne,
Les reflets que j'ai noyés
A trop le voir mourir,
Des feux éteints avant que le temps ne ride les vallées
Et ne creuse un ventre au ciel,
Un amnios vicié
Un trésor d'étoffes
Une genèse chimique
L'inconscient de la vie
Et le solvant de mes heures
Immobile et croupi, figé
Dans la chute du faucon
A la surface, je flotte, maîtresse
Des courants intérieurs,
J'ai le souffle lacustre
Et toutes les eaux du monde
Pleurent avec moi les terres qu'elles essuient
Les hommes qu'elles diluent,
J'ai le sang aérien...
Il y a un monde au dessus,
Où les faucons ne meurent
Que lorsqu'ils ne crient plus.
*
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| Rien - par H2zoo | Mer 14 Mai 2008 - 14:34 par Les Guetteurs |
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