La Tanière des Poètes


Où la pensée croise le rêve et l'imaginaire
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Mon copain Maxime
Mer 18 Nov 2009, 23:21 par Sahel



Mon copain Maxime
Un conte de Nurtapa


- Il est encore plus grand mort que vivant ! Avait dit Monsieur le Curé.
Tu parles ! On aurait pu lui faire un cercueil avec les chutes de bois d'une
niche pour toutou anorexique ou un costard trois pièces avec une serviette
de bain ! C'était mon copain ou plutôt, ce qu'il en restait.

Je l'avais connu dans une boîte échangiste, « le Mondain », un endroit peu
fréquentable où j'allais tous les samedis avec Bertrande, ma moitié depuis
vingt ans. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ces hauts lieux de la thérapie
de groupe, en voici un bref descriptif :

Tu viens avec ta femme et on te l'échange contre une autre, un peu comme
dans ces pubs où tu peux tester une nouvelle lessive en troquant ton baril.
Alors, l'avantage c'est que tu peux tout essayer ; les grandes, les grosses,
les brunes, les vieilles, les jeunes. Certains disent même que ces pratiques
favorisent le rapprochement des classes et aident à combler le fossé entre
générations.

Bref ! Ce jour là, j'avais opté pour une haltérophile bulgare, n'ayant pas
encore goûté aux bienfaits de l'étreinte olympique. Je m'isolai donc avec ma
nouvelle conquête et commençai à dégrafer sa salopette.
Je ne pus m'empêcher, à ce moment précis, d'avoir une pensée
attendrie pour Coluche qui n'aurait certainement pas dédaigné l'atmosphère
fraternelle des lieux.

La bougresse frétillait comme une baleine émoustillée et tendit le buste
vers moi. Le tissu commençant à craquer, je me hâtai de libérer les mamelles
de leur gangue. Je n'avais jamais vu ça !

Si les seins s'étaient vendus au kilo, elle aurait pu, sans aucun doute,
vivre de ses rentes pendant une dizaine d'années, le temps que ça repousse !
J'allai ainsi de surprise en surprise, découvrant la sensualité du cuisseau
aux hormones et des aisselles à la mode « oursins hypertrophiés ».
Au bout d'une heure, j'avais enfin planté mon drapeau au sommet de la
montagne et laissai ma proie exténuée sur un divan (prétentieux, va !).

Je décidai de prendre un peu l'air et croyez-moi, ce n'était pas du luxe
J'avais encore dans les narines un parfum de munster mêle de vieille sueur.
- La prochaine fois, je ferai gaffe !
Pensai-je en passant la porte du club.
Mais c'est toujours pareil ! On cherche le dépaysement et on se retrouve
coincé dans l'aérogare ou pris en otage par une bande d'indigènes
hystériques. A l'avenir, pour ce qui est du bulgare, je me contenterai des
yaourts.

A suivre...


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Vertes Année, un poème de Nurtapa
Ven 06 Nov 2009, 16:53 par Sahel



Vertes Années.
Un poème de Nurtapa


Mon neveu qui a quinze ans ne connaissait pas l’amour.
Il occupait tout son temps à creuser dans les labours
Depuis qu’il avait trouvé, en plantant des potirons,
Un bouquin intitulé « plus ça glisse, plus c’est bon ».

Moi, devant ce désarroi, je le pris par les bretelles
Pour lui enseigner les joies du lycra et des dentelles
Et sortis pour l’occasion de la malle aux souvenirs
Mon flotteur aux gros tétons, la « Poupée nommée Désir ».

Il faut dire qu’à l’époqu’, si t’étais célibataire,
Pour ne pas les mettre en cloque, il fallait te satisfaire
D’un ersatz en caoutchouc qu’on trouvait pour presque rien
Au Grand Marché de Saint-Cloud, chez Malik le Sarasin.

Mais ce temps était passé, s’il en fallut une preuve,
La poupée était crevée comme un coeur de vieille veuve.
Alors donc je décidai de mener le jouvenceau
Dans un bouge de Calais qui faisait dans le puceau.

Le petit se débrouilla comme un bonobo en rut
Et je compris ce jour là le calvaire d’une pute.
Après qu’il eut terrassé quinze grues hautes sur pattes,
J’emmenai mon protégé à l’Auberge des Carpates.

Ainsi donc les jours suivants, le jeune homme enorgueilli,
Fort de ce nouveau talent assouvit son appétit
Tant et si bien qu’il troussa, ça c’est dur à avaler,
La sublime Réséda, mon unique fiancée.

A présent, ils sont heureux, lui, lustrant son arsenal,
Elle brodant des ciels bleus sur des boxers en tergal.
Quant à moi j’ai regonflé ma maîtresse pneumatique
Et je passe mes soirées à ses cuisses élastiques.


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Un aspirateur en ménage
Dim 04 Oct 2009, 16:58 par Les Guetteurs




Un aspirateur en ménage
Un texte de Silence

Il était une fois un aspirateur
Qui vivait un grand bonheur.
Sa maîtresse, qui l’aimait de temps en temps,
Lui promit ce jour un mets délicat et charmant
Car il était un tantinet carnivore,
De la famille des j’en veux encore.
Lorsqu’elle poussa son cri de ralliement
Toute la famille accourut évidemment.
Monsieur Pelle et Madame Balais
Qui vivaient au palais,
Un pauvre seau qui passait par là
En renversa son eau de joie.
Donc à l’appel
De la châtelaine rebelle
Ils levèrent le camp
Pour nettoyer la cave avec empressement.
Or en ce temps-là la dame de mes tourments
Y demeurait en attente du printemps.
Une princesse délicate,
Rien à voir avec un mille pattes.
Toujours vêtue de soie,
Cocon de mes émois,
La pauvre princesse filait son chagrin
Du soir au matin.
Veuve, elle portait encore le noir
Mais moi je ne perdais pas espoir.
Elle m’avait avoué que les hommes elle aimait bien
Surtout quand elle avait faim
(Je n’avais pas compris la fin)
Mais par malheur
L’aspirateur de son cri vengeur
Avala d’une bouchée, horreur !
L’araignée de mon cœur.
A genoux en pleur
Je suppliais la châtelaine
D’épargner ma reine,
Mais elle, avec hauteur,
Sans aucune pudeur :
" Nous voilà libérés de cette poilue
Elle ne vous dérangera plus ".
Depuis sous les étoiles,
De noires pensées, je tisse la toile.
Aspirateur je te maudis !
Mais l’électricien l’a dit
Tôt ou tard le moteur
Qui te sert de cœur
Grillera
Et moi je serai là
Pour savourer ce plat
Na


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